Planétaire

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Qu’ils soient de Cook ou de La Pérouse, les carnets de voyage sont très suivis par les élites de l’époque qui éprouvent un intérêt croissant pour les passionnants récits de ces expéditions lointaines. Il s’agit aussi de le montrer et il devient bienséant d’exhiber un globe terrestre dans son cabinet ou son salon. Y sont, par contre, beaucoup moins fréquents les globes représentant la voûte céleste qui semblent plutôt réservés à quelques initiés. Mais l’astronomie européenne est en pleine effervescence et voilà qu’en quelques années sont découvertes Cérès (1801), Pallas (1802) et Junon (1804) … La mode est de plus en plus à la connaissance du ciel et les fabricants vont s’engouffrer dans ce nouveau marché en ajoutant aux terrestres des globes célestes pour les présenter en paires. Mais il y a mieux: on cherche de plus en plus à comprendre le mécanisme de cet univers presqu’angoissant qu’on est en train de découvrir… Le meilleur moyen d’expliquer ce mécanisme compliqué se fera avec l’apparition des sphères armillaires. Celle qui est illustrée ici en photo est de style copernicienavec le soleil au centre du système, comme dans la réalité. Tournant, sur une base tripode en acajou, le planétaire se meut sur un axe constitué d’une structure de deux anneaux verticaux (les colures des solstices et des équinoxes). Cette structure est entourée d’un anneau horizontal, le cercle de l’écliptique, paré d’un bandeau sur lequel sont reproduits les mois et les signes zodiacaux. Le Soleil, sous la forme d’une boule en laiton doré, se présente avec les planètes et astéroïdes qu’on lui connaît à l’époque: Mercure, Vénus, Mars, Junon, Cérès, Pallas, Jupiter, Saturne et Herschel (l’ancien nom d’Uranus). Ceux-ci sont matérialisés par des disques fixés sur des armilles en laiton. Une languette permet d’entraîner le mouvement de toutes les planètes en rotation autour du soleil et à leurs vitesses respectives. Dans le même temps la terre tourne autour d’elle-même grâce à un système de poulies à gorge formant Tellurium.

Dimensions:

  • diamètre: 39cm
  • hauteur: 64cm

Bien qu’il ne soit pas signé, nous attribuons, sans hésitation, ce planétaire à Charles François Delamarche à Paris. L’astéroïde Vesta découvert en 1807 n’y figure pas, raison supplémentaire pour envisager sa datation entre 1802 et 1806.

Dominique Delalande

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