Débrouya Pa Péché

Le bateau dans son contexte historique :

Le gommier est une embarcation monoxyle fabriquée et creusée à partir d’un tronc d’arbre («bwa fouyé»). Elle porte son nom . Il est équipé d’un gouvernail. Sa technique de construction vient à des amérindiens qui ont jadis peuplé les Antilles.
Ce type de bateau existe sur tout le littoral martiniquais pour la pêche et le transport. Pendant la 2ème guerre mondiale les jeunes martiniquais ont rejoint Sainte- Lucie et la Dominique en gommier. Cette période de notre histoire est connue sous le nom de «la dissidence».

Le gommier a été un outil essentiel des Caraïbes depuis le peuplement des Antilles jusqu’à l’arrivé des colons (XVIème siècle). Il a été utilisé comme moyen de transport pour le marronnage vers les îles anglophones. A la période de «la dissidence», l’interdiction de la coupe de l’arbre a contribué à la construction d’une embarcation semblable au gommier : la yole ronde.

Débrouya Pa Péché est un gomyé martiniquais utilisé pour la pêche. Amerami souhaite conserver dans sa collection un témoin des petits bateaux de pêche traditionnels, genre Gomyé. Elle a trouvé pour ce faire un partenaire, l’association « Alizés Martinique », qu’elle a chargée de trouver une embarcation caractéristique en 1991. En 1994 enfin, un gomyé est sélectionné: »Frisson ». Il est de construction récente mais de forme caractéristique.

De « Frisson » à « Débrouya Pa Péché »: Pour des raisons aisément compréhensibles ( et il y a prescription maintenant! ) le bateau est déclaré pour une longueur inférieure à sa taille réelle et sous la dénomination de « yol plastik ». Pour nous faciliter les choses -allongement administratif à la taille réelle, dénomination réelle « gomyé »- d’un commun accord avec l’administration, le nom ancien a été abandonné au profit de « Débrouya Pa péché » ( se débrouiller n’est pas une faute ), proverbe créole qui résume bien la situation de ce bateau.

Le bois nécessaire a été coupé sur pied dans la fôret avec l’aide de l’ONF (voir photos jointes).

Pirogue de Saint Barthelemy, très élégante, rapide à la voile, avec un mat de 7 mêtres. Louis Lacroix écrit de cette ile : « nommée autrefois Saint Barthe et colonisée au début par les Français, cette ile fut cédée à la Suède en 1785, mais nous fit retour en 1877 ; ses habitants de race normande ne cultivent guère que les vallées… » On pense que les habitants de « Saint Bart » ont pu conserver dans la contruction de leurs pirogues des traditions ayant leurs sources dans leurs lointaine province d’ origine.

La restauration :

Ayant peu navigué, il nécessite de sérieux travaux, y compris dans sa partie monoxyle. Les travaux ayant traîné en longueur, ce n’est qu’en 1998, avec le précieux concours de la Marine Nationale que le bateau est transporté en métropole.

L’exploitant :

En attente de candidature, il s’agit d’une embarcation très originale qui ne passerait pas inaperçue.

L’activité: aucune

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