Canoé canadien


 

 

 

Canoé en bois de type canadien avec ses deux rames, avec puits central amovible, signé G.SEYLER. « Neptune » à Nogent Le Perreux, début XXème

Largeur 1m, Longueur 5m

 

Le canoë, ou canoé, dénommé canot au Canada et canoë canadien en France, est un type de pirogue légère non pontée, mue à la pagaie simple, destiné à la navigation sur les rivières et les lacs. Il peut éventuellement être doté d’une voile triangulaire, lorsque le canoë est alors équipé de dérives latérales.

Conçu à l’origine par des peuples d’ Amérique du nord, le canoë est aujourd’hui utilisé dans diverses pratiques récréatives et sportives. La personne pratiquant le canoë se nomme « canoéiste » ou parfois « céiste ».

Le canoë est parfois confondu avec le kayak (embarcation des Inuits), la pratique sportive ou de loisir avec toutes embarcations propulsées à la pagaie étant souvent désignée en français par l’expression « canoë-kayak ».

Ancien canoé canadien, constructeur inconnu.

Étymologie et sens

Le mot « canoë » provient de l’espagnol canoa, qui vient de l’arawak Ka-no-a, qui signifie « flotter sur l’eau »

Le mot canoé apparait en France en 1584, quand Leroy parle de « canoes indiennes », sans tréma. La forme « canot » est consignée dans le Dictionnaire françois de César-Pierre Richelet en 1680. Dix ans plus tard, canoes et canot furent consignés dans le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière. Canot est déjà présent dans les récits de Marc Lescarbot et est entré dans l’usage en Nouvelle-France dès le milieu du XVIIe siècle comme en font foi les Relations des jésuites. Le remplacement du « e » par le « t » provient probablement du rapprochement des mots ayant la même assonance, comme « fagot ». La forme « canot » reste la forme utilisée jusqu’au Littré.

La confusion entre le canoë et d’autres embarcations vient également du mode de propulsion de ces embarcations assurée par une pagaie, objet non fixé à l’embarcation qui permet une grande souplesse notamment pour orienter l’embarcation. Ce principe est aussi utilisé par les oumiaks, les kayaks ou plus récemment les rafts.

Histoire

Origines historiques

Les embarcations humaines les plus anciennes sont des pirogues monoxyles, construites à partir d’un tronc d’arbre évidé.

Le canoë des Amérindiens avait un rôle central dans leur vie quotidienne et était utilisé sur les lacs et rivières pour le transport, le travail (pêche, chasse, cueillette), la guerre, les actes culturels et l’exploration des territoires.

La construction du canoë en écorce faisait appel à des techniques complexes, qui variaient selon les régions et les populations. Le canoë était généralement construit à partir d’une structure en bois, constituée de lanières de bois (frêne) ployées, rigidifiées par des barres d’écartement. Cette embarcation était très légère (facilitant le portage), très maniable, mais aussi très fragile. À titre d’anecdote, les Amérindiens ne toléraient pas que les Européens montent dans leurs canoës avec leurs grosses bottes. De plus, lorsqu’ils voulaient aborder la rive, les autochtones devaient se jeter à l’eau pour éviter que le canot ne heurte la grève. Quand venait le temps de faire un portage, le canot d’écorce était avantageux vu sa relative légèreté.

En 1534 Jacques Cartier découvrit le canot, qu’il utilisa ultérieurement pour certains de ses déplacements. Dès le début du XVIIe siècle, les colons du Canada utilisent le canoë comme moyen de transport vers les contrées plus à l’ouest ou au nord

Ces voyages furent l’objet de nombreux récits et représentations artistiques.

À partir du milieu du XIXe siècle, la construction de canoës se rapprocha des techniques de charpenterie européenne : le canoë était construit entièrement en planches de bois (bordages à clin ou à franc-bord), ou bien bordé et recouvert de toile de coton (peinte et vernie).

Au début du XXe siècle, le canoë disparut progressivement comme moyen de transport utilitaire, remplacé par le chemin de fer, les routes, et les embarcations à vapeur ou moteur.

Canoë de loisir

Dès le XIXe siècle apparait au Canada et aux États-Unis la pratique du canoë à des fins récréatives (promenade, chasse, pêche), chez les militaires et la bourgeoisie citadine. Cet engouement s’étend ensuite à l’ensemble des classes aisées, attirées par des séjours dans les espaces naturels canadiens.

Le développement des voies de transport fluvial développa encore cet attrait, pour les excursions dans la nature, et l’apparition vers 1900 du canot-camping. L’Association canadienne de canot est créée en 1900, et dédiée au canoë de randonnée (nature, chasse, pêche).

 

Le canoë à voile était déjà utilisé par les Amérindiens pour se déplacer sur les lacs. La pratique sportive a été abandonnée vers 1920-1930.

D’autre part à l’identique des jeux traditionnels amérindiens, la première compétition de canoë fut organisée au port d’Halifax en 1826. En 1860 est créé à Halifax le premier club de canoë du Canada. Le canoë de compétition (régates), ainsi que le canoë à voile (abandonné vers 1920-1930), prirent de plus en plus d’importance. L’aspect sportif et compétitif poussa progressivement à l’écart les pratiques de nature.

À partir de la crise de 1929, l’engouement pour le canoë diminua très fortement ; en raison d’un contexte économique difficile (diminution des loisirs, pauvreté) et d’une image archaïque attachée au canoë. La pratique et la construction de canoë cessent presque totalement. Les anciens canoës sont abandonnés en objets de décoration. L’intérêt du canoë ne perdure que dans de rares camps de jeunes ou bien auprès de la bourgeoisie (canoë de lac en bois précieux).

L’intérêt pour le canoë récréatif réapparait à partir des années 1950 et se développe surtout dans les années 1980, en raison de développement technologique (canoës modernes, plus solides et moins chers), et d’une démocratisation des loisirs. Au Canada, la diversité des nouveaux loisirs et sports ne donne plus au canoë la place centrale qu’il avait par le passé, et la majorité des pratiquants se détachent de l’origine historique et des liens culturels du canoë. Dans le même temps, les sports et pratiques en rivières se diversifient avec l’apparition d’autres types d’embarcation (kayak, raft, sit-on-top, canot à moteur).

Les canoës en aluminium étaient appréciés pour leur solidité, légèreté et absence d’entretien, avant l’arrivée des canoës en kevlar ou ABS.

La majorité des canoës sont aujourd’hui fabriqués en fibre de verre, en kevlar, en plastique

En eau-vive, le céiste doit utiliser différentes techniques pour tirer profit des courants, contre- courants, vagues, etc. Cette activité se pratique en rivière naturelle ou artificielle. À moins de s’intégrer dans un itinéraire de canot-camping, on utilise de préférence un petit canot fortement gironné, pour un maximum de manœuvrabilité. L’eau vive présente un réel danger, et il est important de prendre toutes les précautions nécessaires à cet environnement. Le danger inclus la possibilité de chuter de son embarcation dans un rapide et de se noyer en étant coincé sous un rocher.

 

 

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