Ar Millinou

Le bateau dans son contexte historique :

Vie et métamorphose d’un canot de sauvetage

Naissance aux H.S.B.

C’est à saint Briac, station H.S.B.   créée en 1955 sous la présidence du commandant David, capitaine au long cours, que ce petit canot commença son existence en 1957. Il a été construit aux Sables d’Olonne par les chantiers Dubernet.

Alors appelé Général Duperray, sa bénédiction sa bénédiction eut lieu le 4 août 1957. Les Annales du Bien nous ont conservé le souvenir de cette journée. Après une énumération des autorités venues assister à la cérémonie, le récit se poursuit ainsi : «  descendues sur la cale du petit port, les personnalités officielles assistaient à la bénédiction, faite par le recteur de Saint Briac, du bateau amené à quai ; puis Mademoiselle Dupperray brisa la traditionnelle bouteille de champagne sur l’ étrave.

Accompagné d’un très grand nombre de petits voiliers et de vedettes, le canot prit le large pour jeter en mer une couronne de fleurs la mémoire des disparus.

Au cours des allocutions qui suivirent, M. Lepeltier, président des H.S.B. rappela qui était le général Duperray : Entré en 1930 au conseil d’administration des H.S.B., il assurait les fonctions de vice-président. Sa carrière militaire s’était déroulée dans l’arme du Génie . Né en 1870, il est entré à Polytechnique en 1890 ; promu au rang de général de brigade en 1928, il fut alors nommé gouverneur de la place de Toul.

Retiré à Rennes en 1930 il s’était intéressé aux HSB ; il séjournait pendant l’été à Saint Briac, où il était bien connu.

Changement d’affectation

En 1959, le canot Général Duperray est transféré de Saint Briac à Cancale. Il a été refondu par les chantiers Dubernet, un moteur Couach de 50CV lui permettant de filer 19 nœuds a remplacé l’ancien moteur de 28 CV.

Le canot est classé « canot de sauvetage côtier » dans la flotte HSB. Il a bientôt deux frères. L’un le Commandant Rébillard l’a remplacé à Saint Briac, l’autre amiral Guepratte se trouve à Loctudy, avant d’aller à Locquirec.

A Cancale un abri a été construit par la municipalité grâce une subvention (4millions de f) du département d’Ille-et-Vilaine et en octobre 1959 le Général Duperray, H.S.B. 73, prend poste dans cet abri.

A la fin de 1967, les hospitaliers sauveteurs bretons fusionnent avec la société centrale de sauvetage des naufragés pour créer la SNSM sous la présidence de l’amiral Amman. Le symbole de coque SNS73 est alors attribué au Général Duperray.

En 1970, le canot est affecté à la station des Embiez, puis à la station de Sainte Maxime où il est remis en état en 1971.

En 1976, on s’aperçoit que notre cannot n’a jamais été francisé et cette formalité est alors accomplie auprès du service des affaires maritimes de Toulon. Ces « papiers » sont en règle et il reste à Sainte Maxime jusqu’en octobre 1981.

Sa prochaine destination fut l’île de Sein où il fut affecté « en renfort ». Il faut rappeler ici l’événement de mer survenue en 1978 dans les parages de l’île afin de comprendre pourquoi l’affectation, à la station de sauvetage,, d’un canot « en renfort » avait alors été jugée nécessaire.

Le 12 janvier 1978, le sémaphore de la Pointe du Raz avisait Madame Kerloch , président de la station de Sein, que l’escorteur d’escadre Dupérré venait de talonner une roche dans le Raz de Sein, et demandait assistance. Le canot de sauvetage Patron François Hervis dont le patron était monsieur Édouard Guilcher, appareillait à minuit par vent de nord-est force 6 et mer agitée.

Le canot retrouvera d’abord des canots pneumatiques qui avaient été mis à l’eau récupérateur trois hommes.

Deux dragueurs de la Marine Nationale arrivèrent sur les lieux et durent mouiller à quelque distance. On transborda les hommes d’équipage dans le canot puis à bord des dragueurs. Plus de 250 hommes furent ainsi mis en sécurité.

Mais lors des multiples accostages avec le Dupperré et les dragueurs, le canot de sauvetage subi d’importants dégâts : bordés avant et bourrelets arrachés, rambardes du pont soulevées et voie d’eau.

A huit heures le transbordement était achevé et le Patron François Hervis rentra sa base. Le patron Édouard Guilcher et ses hommes avaient réussi « une opération de sauvetage difficile méritant les plus grands éloges ».

Pour remplacer le Patron François Hervis affecté à Trévignon, on mis en 1980 à l’île de Sein, un canot tous temps de nouvelle génération le Ville-de-Paris. Ce bateau construit au chantier TECIMAR fit ses essais en janvier 1980, en présence de Monsieur Chirac, maire de Paris, qui avait accordé une subvention pour sa réalisation.

Le Ville-de-Paris était à flot dans le port de Sein et l’abri était disponible. L’ amiral Amman, président de la SNSM pensa alors qu’un petit canot de complément pourrait prendre place dans l’abri et servir d’annexe. C’est ainsi qu’il fut décidé d’envoyer le Général du Dupperay de Sainte Maxime à Sein. Encore fallait-il le transporter. À la demande de l’amiral Amman, la Marine Nationale voulu bien s’en charger et c’est le TCD Orage qui amena de Toulon à Brest en octobre 1981.

C’est alors qu’un changement de nom paru opportun. L’échouement de l’escorteur Duperré était encore dans toutes les mémoires et placer à Sein le Générale Dupperay évoquait par consonance une trop récente catastrophe. C’est pourquoi fut choisi le nom d’ Ar Milinou, celui d’un caillou de Sein.

Ar Milinou n’était pas en parfait état en arrivant à Brest et mis à l’eau on s’aperçut que son étanchéité n’était pas parfaite. Il fut pris en main par Monsieur Tanguy qui avait un chantier à Audierne. Après réparation il fut conduit à Sein par MM Tanguy, Struilloux et Yven.

Il semble qu’il ait fait peu de sorties mais deux peuvent cependant être mentionnés : La première pour aller chercher le gardien du phare d’Ar Men blessé au doigt. La seconde pour assister un yacht en difficulté entre le Chat et Men Brial.

La fin de l’activité d’Ar Milinou

Placé dans l’abri de l’île de Sein, mais de moins en moins utilisé, il fut retiré du service.                                 Cependant cette fin du service ne signifiait pas sa condamnation à disparaître. Ici intervient le docteur Pillet, membre des HSB dès 1946 à Morlaix, puis chef de secteur HSB, membre du conseil d’administration de la SNSM, puis du comité de direction jusqu’en 1988 (Auteur de l’ouvrage «  le sauvetage au temps des avions et de la voile » éditions du Chasse Marée »).

En 1990, le docteur Pillet s’inquiéta du sort de ce canot et souhaita qu’il puisse être conservé. L’amiral Le Borgne,   délégué départemental du Finistère était du même avis. Le docteur Pillet écrivit à l’amiral Leenhardt pour l’alerter sur l’intérêt de ce canot. Il prit contact avec Jacques Chauveau président d’Amerami. Le 11 avril 1990, celui ci écrivait à l’ amiral Leenhardt que son association souhaitait pouvoir exposer ce canot auprès d’autres embarcations de sauvetage dans un musée en cours de création en Normandie. Peu de temps après, le 28 mai, l’amiral donnait son accord, à charge pour AMERAMI de l’acheminer à destination.

Auparavant il y avait lieu d’intervenir d’une part sur le canot afin de le mettre en état de flotter pour qu’il puisse en toute sécurité être remorqué et amené le long d’un bateau qui le hisserait à son bord. Le docteur Pillet fit trois visites à Sein et trouva auprès de Madame Kerloch toutes l’ aide nécessaire pour désigner une équipe chargée de quelques travaux. Et le 7 avril 1992 grâce à l’aimable concours du service des phares et balises de Brest le baliseur Georges de Joly commandé par Monsieur Le Hir venu à l’île de sein hissa à son bord Ar Milinou qu’il débarqua à Brest le soir même.

Repris le lendemain par un transporteur routier le canot arriva en Normandie le 28 avril 1992 après un arrêt à Saint-Malo. Entreposé dans un hangar à Dives sur Mer, il a été transféré à Caen pendant l’été 1994 pour être exposé à l’occasion des journées du patrimoine.

Depuis il est conservé en cette ville dans le hangar d’AMERAMI.

La restauration :

Non envisagée pour l’instant

L’exploitant :En attente de candidature

L’activité :Néant

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